Reunion de projet en Italie



LA RENAISSANCE DES TRADITIONS LOCALES

La globalisation fera-t-elle disparaitre les traditions propres à chaque pays? La culture locale sera-t-elle englobée dans une société qui se fait de plus en plus multiculturelle? Il semble au contraire que l’homme moderne dans sa course vers la connaissance globale a plus que jamais besoin de récupérer son passé, ses racines. C’est ainsi que les richesses historiques et culturelles des territoires, la gastronomie, les traditions populaires redeviennent essentielles pour se sentir liés à un passé solide. Le tourisme a été un des premiers secteurs à sentir le besoin de valoriser les richesses des territoires et les traditions locales .Les associations culturelles et les institutions scolaires elles-aussi tentent de faire comprendre aux jeunes les valeurs traditionnelles qui proviennent des traditions populaires. 

Le contexte territorial dans lequel vit chaque peuple est essentiel pour sa formation culturelle et cette identité  est étroitement liée à la connaissance du territoire et des traditions qui lui sont propres. Les jeunes menacés par la banalisation de la globalisation doivent apprendre à renforcer cette idée d’appartenance à un territoire et le faire connaitre aux autres. C’est le but du projet  GEOLAB de “INNOVA SCUOLA” qui a élaboré un projet didactique interdisciplinaire sur les connaissances géographiques et culturelles du sud de l’Italie. Il s’agit d’un projet qui se développe à travers Internet mettant en relation plusieurs  écoles qui s’échangent des informations sur les traditions de leur territoire se basant sur des thèmes élaborés par les professeurs. Ils créeront de cette façon, à leur tour, un patrimoine culturel qui leur appartient et ils s’ouvriront à la connaissance d’autres traditions locales qui les enrichiront.
Le retour à la culture locale et populaire s’est développé aussi dans le Gargane. En effet , de nombreuses associations, des poètes et des chanteurs  ont fait revivre à travers d’importantes publications (livres, chansons, poésies, dictionnaires des dialectes…) les mythes et les traditions populaires.
Les écoles elles-aussi de plus en plus liées à leur territoire ressentent le besoin de faire retrouver de l’authentique à leurs élèves . C’est ainsi que sont nés des groupes folkloriques dans les collèges qui permettent aux élèves de danser la “tarentelle”, de chanter en dialecte et de porter les costumes du folklore local. Les professeurs d’éducation artistique proposent des recherches   sur les habitations agricoles caractéristiques du territoire ( “I padjer”), sur les objets utilisés  dans les maisons et dans les champs. En dessinant, les élèves comprennent mieux la réalité locale.  Des projets de jardinage sont nés également dans les écoles et toutes les plantes méditerranéennes y sont représentées; les élèves bechent, plantent, voient pousser les plantes et se se rapprochent de la nature. Les professeurs proposent souvent la visite du territoire pour connaitre l’histoire, l’art (Monte San’Angelo, Manfredonia, Lucera), mais ils accompagnent aussi leurs élèves au pressoir et les font assister  au pressage des olives ou dans les laiteries pour voir comment on fait un “caciocavallo”.  Si les écoles de Mattinata, Monte sant’Angelo ont mis l’accent sur le retour au monde agricole, Manfredonia a su maintenir intactes les traditions du Carnaval. En effet , de l’école maternelle au lycée, toutes les écoles  participent au Carnaval. Un thème est proposé et les différents groupes  scolaires dessinent et confectionnent les costumes. Les écoles sont en fête et participent aux défilés à travers les rues de la ville.
Ce qui est aussi intéressant est de constater que les jeunes s’intéressent aux traditions et adorent danser. Ils peuvent récupérer la danse traditionnelle du sud de l’Italie à travers une école de danse comme celle du Maestro Mangano à Manfredonia, ils peuvent participer au Folk Festival de la Foresta Umbra en juillet ou encore danser toute la nuit  en août dans les places des Pouilles salentines au rythme effréné de la tarentelle  durant  la “Notte della taranta”. D'autres groupes comme “Terranima” modernisent la musique traditionnelle  mêlant instruments antiques et modernes et permettent ainsi de faire connaître la musique et les chants traditionnels  à un public plus étendu.
Eugénio Bennato  un des  plus grands intrerprètes de la musique ethnique italienne a su à travers ses recherches étendre la culture locale à une culture méditerranéenne plus ample comme il chante dans “che il mediterraneo sia”.  Récupérer nos traditions, nos danses, notre dialecte fait partie du bagage culturel de chacun et l'école, les associations, les artistes tentent de le faire. Dans un monde qui semble aller à la dérive, les traditions ne font qu'enrichir et les jeunes ont envie d'apprendre.